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Automobile : dividendes avant tout

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Comment relancer la machine à dividendes ? Telle est la seule question qui se pose dans l’industrie automobile. Dans le cas du groupe PSA, dont la stratégie ne diffère guère de celle de ses concurrents français ou autres, le nouveau président du directoire, Philippe Varin, dès sa nomination en 2009, ne cachait pas son constat et la recette qui va avec. Ni l’un ni l’autre ne brillent par leur originalité : « il y a des surcapacités de production » et il faut « se mondialiser ». À 3,2 millions d’euros de revenus par an, comme l’an passé, l’homme est devenu l’un des bras armés du patronat et, comme Laurence Parisot, mène campagne contre les « coûts salariaux ». Il a même l’oreille du premier ministre qui, en février, reprenait leur « idée » de « graver dans le marbre » les bas salaires et les exonérations de cotisations sociales qui vont avec. Mais cela ne suffit pas. Pour obtenir, en 2010, un chiffre d’affaires en hausse de près de 16 % pour le groupe et de près de 28 % pour l’équipementier Faurecia, le travail a été mis à contribution. Ce que, de façon pudique, ces comptables appellent « réduction des coûts » – suppression d’emplois, fermetures d’usines… – a compté pour plus de la moitié d’un retour aux pro­fits d’environ 1 milliard d’euros. La crise est finie pour des actionnaires qui ne l’ont guère connue ; elle va continuer d’être payée par les travailleurs. Le Document de référence 2010 de PSA, remis en avril à l’Autorité des marchés financiers, conforte pour une large part l’analyse de la CGT, qui révèle la « feuille de route » du groupe automobile. 72 % du chiffre d’af­faires est-il réalisé en Europe de l’Ouest aujourd’hui ? Il faudra faire franchir la barre des 50 % des ventes hors de cette zone dès 2015. Emplois, investissements, recherche, production : destination pays « LCC », entendez à « bas coûts ». Et pour les sites français, il est prévu d’augmenter très sensiblement la productivité, soit la pression sur des salariés déjà pressurés et en nombre plus réduit, et de se reposer encore plus sur les sous-traitants. Quant à l’existence d’usines, telles celles de Sevelnord ou d’Aulnay-sous-Bois, le choix est simple : les rayer d’un trait de plume, et par là sinistrer des bassins d’em­ploi entiers dans le Nord et en Seine-Saint-Denis, ou les laisser durer un peu en recourant à un chantage à de nouvelles subventions publiques. Voir détailler noir sur blanc ce qui est une pratique générale est éclairant. Mais il est deux aspects convergents de la « note de synthèse » mise sur la place publique par la CGT qui méritent d’être soulignés. Le premier est le souci de discrétion par crainte de voir augmenter « la difficulté sociale ». Le second est un « planning » soucieux de situer « la fenêtre d’annonce possible, dans le calendrier électoral français, au 2e semestre 2012 ». Pour ceux qui travaillent de concert avec un conseil de surveillance familial où l’on trouve un baron Seillière qui y touche 50 000 euros d’argent de poche en jetons de présence, il est deux dangers : que les salariés ripostent collectivement et qu’ils utilisent leur bulletin de vote ; voire que semblables révélations et mobilisations aient valeur d’aiguisement du débat politique dans un sens contraire à leurs intérêts et calculs strictement financiers. Alors que ces stratégies étranglent la croissance, les salaires et l’emploi, ce document tombe à pic pour ceux qui bataillent pour l’avenir industriel de la France, qui doit aller de pair avec le contrôle de l’argent public, l’augmentation du pouvoir d’achat et l’investissement dans la recherche et les qualifications. Ceux qui défendent bec et ongles les intérêts de leur classe n’opposent pas « social » et « politique »… 

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