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Grèce/Europe : l’heure des mobilisations solidaires

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La Grèce a connu une nouvelle grève générale, d’Athènes à Thessalonique, du Péloponnèse à la Crète. Un peuple en colère a accueilli les docteurs Diafoirus de la Commission européenne, de la BCE et du FMI qui ont débarqué sur la terre hellénique pour lui administrer une nouvelle saignée. Il y a un an, le gouvernement que dirige le socialiste Georges Papandréou cédait sans résistance devant les injonctions de cette « troïka ». Il adoptait un plan drastique de réduction des dépenses publiques, avant tout des prestations sociales et des suppressions de postes de fonctionnaires. Condition mise pour l’octroi d’un « plan d’aide européen » sous forme d’un prêt de 110 milliards d’euros sur trois ans. La crise grecque a révélé, à l’échelle d’un pays, la nocivité du carcan libéral du traité de Lisbonne. L’indépendance de la Banque centrale européenne, qui ne peut financer directement les aides aux États membres, place les marchés financiers au centre du jeu. Les banques, qui, au lendemain de la crise financière de 2008, ont déjà reçu de l’Europe des sommes faramineuses qu’elles remboursent à des taux très bas, prêtent aux États dans des conditions nettement moins favorables. Dès lors les réductions des déficits publics imposées à la Grèce déstabilisent tout le système social. Retraites, système de soins, éducation, tout est appelé à passer au laminoir. C’est donc explicitement à la population que la troïka demande de payer pour les fauteurs de crise, et comme toujours, aux foyers les plus modestes, ceux qui sont le plus dépendants des prestations sociales. C’est ce que doivent vérifier les experts de l’UE et du FMI en Grèce. Car le sort de la Grèce, comme celui du Portugal notamment, met en évidence le principe de souveraineté limitée accepté par les dirigeants européens en matière budgétaire. Dans le cas hellénique, il s’agit tout crûment d’une mise sous tutelle. Les missi dominici de MM. Barroso, Trichet et Strauss-Kahn s’arrogent le droit de dicter leurs volontés, directement aux ministres des Finances, du Travail et de la Santé. Ils sont bien décidés à mettre la pression. Chaque nouvelle tranche de versement du prêt sera payée par de nouvelles privatisations, ce que Jean-Claude Juncker, chef de l’Eurogroupe, appelle « un programme d’ajustement supplémentaire ». Pour plomber l’économie, les agences de notation baissent la note du pays, et augmentent en conséquence les taux auxquels la Grèce devra rembourser. Ces orientations néolibérales, dont Sarkozy s’est fait le promoteur en imposant le traité de Lisbonne aux Français, qui en avaient déjà rejeté les principes en votant non à la constitution européenne en 2005, conduisent l’Europe dans une impasse. Le président français en rajoute dans le déni de démocratie en défendant une réforme constitutionnelle qui institutionnaliserait l’austérité si le projet allait à son terme. À Paris comme à Athènes, le sort de l’Europe a besoin de mobilisations solidaires autour d’objectifs clairement antilibéraux. Une nouvelle politique de crédit, un pôle public bancaire, l’annulation des plans du FMI et de l’UE dans les pays surendettés, la réforme de la BCE... Les remèdes ne manquent pas pour éviter la saignée

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